« Mais où sont passés les choucas et leur ballet dans les tours ? » S’étonne Vincent Verzat qui se régalait chaque année de ce spectacle entre les immeubles de son quartier. Il se rend compte qu’on a élagué « sauvagement » les platanes dans lesquels ces oiseaux avaient élu domicile, et que, ne pouvant plus y nicher, ils ont dû déménager vers d’autres lieux de vie.

Il ne voit plus non plus le blaireau dont il observait depuis plusieurs mois les allers et venus dans un taillis, au point d’avoir créé avec lui un lien affectif très fort. Quelques jours plus tard, il trouve son « ami » sans vie au bord de la route, fauché par une voiture ; il en pleure.

Autant d’observations qui l’amènent à se poser des questions : quelle place notre monde laisse-t-il aux non humains ?

Depuis plusieurs années, Vincent Verzat est engagé dans des luttes écologistes, essayant d’alerter le monde sur l’urgence. Découragé, il tente une autre approche : aller lui-même vers la nature, à la rencontre du vivant… et il est bouleversé.

C’est à cette rencontre qu’il nous invite : il nous offre un film plein de sensibilité, profondément touchant, qui nous oblige à considérer les autres habitants de notre planète comme des vivants à part entière. Pas de moralisation dans ce film, juste la constatation que c’est à force d’être aveugle au vivant qu’on engage des projets destructeurs, et que l’idée de créer un attachement affectif pourrait donner le courage de lutter contre les destructions.

Christiane d’Olier, membre du groupe « transition » de La Sauce

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